Après cette miraculeuse victoire des bleus au rugby (non, ce n'est pas une salade), Madeleine s'en est allée rejoindre la Polynésie un peu avant moi… Quoique, c'est bien bizarre, j'arriverai le même jour que son départ d'ici… bref allez comprendre, je pars demain pour arriver aujourd'hui à Papeete en Polynésie Française. On verra ça demain donc ! ;)
Pour l'heure, nous en sommes maintenant à la deuxième demi-finale de cette coupe du monde de rugby et toute la nation retient son souffle. En effet, ce soir c'est un match autrement plus décisif que celui de la veille pour ce pays du ballon ovale en forme de botte…
La Nouvelle Zélande rencontre l'Australie et les kiwis ne sont pas bien rassurés. Leur meilleur joueur à été blessé et n'est donc pas au mieux de sa forme et de l'autre côté, si j'ai bien compris, les Aussies ont un nouveau joueur qui, d'habitude, joue bien… Bref, j'ai même entendu des Kiwis m'avouer qu'ils n'iraient pas en ville voir le match de peur que leur équipe perde. Car rencontrer l'Australie, ce n'est pas pareil que rencontrer une autre équipe pour les Kiwis. Ce sont un peu des cousins, ces deux peuples relégués en bas à droite de toutes les cartes du monde, et ils jouent souvent ensemble tant sur les terrains de rugby que sur la scène internationale… Bref, c'est un combat fratricide mais ils sont au moins d'accord sur une chose : si l'Australie gagne, tous les Néo-Zélandais supporteront leurs cousins wallaby pour la finale, bien qu'ayant beaucoup de respect et d'affection pour notre équipe de bleus…
Le coup d'envoi est donné et dès les premières secondes, l'ambiance s'est totalement détendue en ville. À la vue des ALL BLACKS sur le terrain, il était absolument évident qu'ils remporteraient ce match.
80 min plus tard, c'est une sacré fiesta dans les rues d'Auckland et il est amusant de constater tous les trésors d'inventivité qu'ont déployé les supporters pour se déguiser et se maquiller aux couleurs de leur équipe fétiche. La fougère blanche sur fond noir pourrait d'ailleurs fort bien remplacer le drapeau de la Nouvelle Zélande !

Mais laissons-les savourer leur victoire car la semaine prochaine sera une autre paire de manche face à la France et il sera plus prudent de regarder le match depuis son canapé parisien ! :)

En attendant, me voici revenu à hier en arrivant à Tahiti. En effet, en traversant ce bout de l'Océan Pacifique, nous franchissons la fameuse ligne de date internationale. Je savoure cette petite victoire personnelle en observant attentivement la carte sur l'écran situé devant moi. Oui car il y a quatre ans, lors de mon voyage autour du monde, même si j'ai parcouru pas loin de quatre fois la distance autour de la planète à l'équateur, je n'avais fait qu'un gigantesque Aller/Retour en allant jusqu'en Nouvelle Zélande pour revenir en Amérique du sud en passant par l'Asie du sud-est. Il fallait donc qu'un jour justice soit rendu et que je fasse réellement un tour du monde sans revenir sur mes pas ! C'est désormais chose faite ! :)
Je retrouve Madeleine dans un décor assez étrange et une chaleur moite dont on avait un peu perdu l'habitude… Les voitures ne roulent plus dans le même sens. Les panneaux routiers ont un air étrangement familier… Mais surtout le douanier me lance un grand "Bonjour !", en français dans le texte. Pas de doute, nous sommes bien en Polynésie française. D'ailleurs, au cas où vous en douteriez, un petit groupe de trois personnes sont toujours là pour vous pousser la chansonnette avec danse sur fond de Ukulele à votre descente de l'avion et vous remette une fleur de Tiaré. Ce n'est donc pas un mythe !
Nous rejoignons notre hôte Michel, rencontré également via Couch-Surfing. Michel habite sur un grand trimaran situé en face de la plage du grand hôtel Sofitel. Pratique pour se faire déposer en stop après avoir attendu une bonne heure le bus qui ne sera pas venu… (On nous avait prévenus)


De là Madeleine pagaye sur un tout petit canoë afin de prévenir Michel qui, lui, viendra me chercher avec un plus gros canoë pouvant embarquer mes deux gros sacs. Tout le monde à sec sur son grand trimaran, nous discutons un bon bout de la soirée avant de s'endormir au gré des petites vagues du lagon.

Lendemain matin, parés à affronter l'île sur les coups de 10h du matin, nous nous préparons avec Madeleine pour embarquer sur ce même minuscule canoë afin de regagner le rivage. Or, comme vous le voyez sur la photo ci-dessus, ce petit canoë bleu est vraiment petit ! Je demande quand même à Michel s'il est prévu pour deux personnes et celui-ci me répond que oui, sans problème, mais ne regarde pas comment nous nous plaçons dedans. Je préviens quand même Madeleine que ça me parait vraiment foireux et qu'il est presque évident qu'on va tomber à la flotte mais elle m'assure qu'elle a déjà fait deux fois le trajet et que ça marche. Bon… j'ai juste mon iPhone vieillissant et mon passeport sur moi, rien d'autre. J'aurais quand même bien laissé les deux sur le bateau mais l'iPhone servira à prévenir que nous sommes bien arrivés et le passeport à retirer des sous à la banque (quoique, je m'aperçois en écrivant ce message que je n'avais pas pris ma carte bleue !)

Ça ne loupe pas, à peine après avoir lâché le bateau et fais deux petites dizaines de mètres, on se retourne comme une crêpe dans l'eau… le canoë avec ! Bilan des victimes car l'eau de mer ne pardonne pas, ou rarement :
- 1 iPhone 3G (oh ? le 4S vient de sortir !)
- 1 téléphone Nokia rouge très beau
- 1 iPod collector :'( assorti au Nokia
- 2 passeports un peu humides dont un a quelques tampons qui dégoulinent
- les draps de lit faisant office de billets de banque en Polynésie
- pas mal de papiers dans le sac de Madeleine dont le ticket de consigne pour récupérer du miel sous quarantaine à l'aéroport
Mais le plus amusant seront surement les quelques pièces de monnaie se retrouvant au fond du lagon et reflétant joliment la lumière à travers les eaux turquoises ! Oui, comme dans les restaurants chinois !

Nous passerons encore un jour à Tahiti avant de rejoindre Moorea pour deux jours, le temps de se faire un (tout) petit aperçu de ces îles et de ses habitants bien chaleureux. Le reste de notre séjour se résumera en quelques photos.