L'Australie peut paraître facile sous certains aspects mais au niveau administratif, c'est parfois un peu le bordel étant donné qu'il y a huit états et que chacun a ses règles et législations qui diffèrent un peu, notamment au niveau des formalités quant à l'achat ou la revente d'une voiture…
Oui, il est en effet temps pour nous de penser à dire adieu à Mémère et nous l'avons mis en vente depuis une semaine… Sauf que vous vous en doutez, une vieille fille de cet âge (presque 28 ans et plus tout à fait toutes ses dents) ne passe pas facilement le contrôle technique obligatoire à sa revente dans l'état du Victoria (où se trouve Melbourne)… Or, nous nous trouvons actuellement dans l'état du Western Australia et ici, pas besoin d'un contrôle technique pour vendre une voiture. Magique ?… Pas tout à fait, car il vous faudra quand même en passer un pour que la voiture obtiennent ses belles plaques du WA. Mais une fois les plaques posées, là par contre c'est magique, vous pouvez la revendre dans n'importe quel état en faisant les formalités de transfert de propriétaire par Internet et il n'y aura plus jamais besoin d'un contrôle technique, du moins pas tant qu'un policier vous aura collé un bel autocollant indiquant que votre voiture a l'air d'une vieille poubelle et vous somme de lui faire passer une inspection pour voir si c'est encore capable de rouler droit… Bref, en gros, avec une voiture immatriculée dans le WA, vous devriez être tranquille pour un bon moment. Et évidemment c'est aussi plus simple à revendre à des voyageurs qui ne savent pas forcément dès l'achat où il pourront bien revendre leur voiture. Donc voilà, décision est prise de faire immatriculer notre voiture dans cet état avant de le quitter afin que ce soit plus facile de revendre Mémère…

On prend rendez-vous avec l'inspecteur le Jeudi après-midi mais avant ça nous passons un malin plaisir à passer Mémère au karcher (comme le recommande Dieudonné) pour la faire briller et lui enlever toute la boue et la poussière que nous accumulons depuis près de 20.000 Km.
L'heure de l'inspection arrive et Madeleine est stressée comme à un examen :) Le type nous rend les clés 1h après avec une petite liste de choses à régler avant qu'elle passe le contrôle technique à 100%. Quoi donc ? Des petits soucis au niveau des phares, la vitre conducteur qui se referme mal ainsi que la passager arrière gauche… Quelques bricoles sur la suspension du train avant, le klaxon qui marche un peu quand il veut, le cligno qui ne se remet pas tout seul à sa place quand on retourne le volant et… les flexibles de freins à changer. Bref, une liste pas si petite que ça mais à y regarder de prêt, ce ne sont que des bricoles, rien de bien méchant à part peut être pour la suspension et pour les freins…
Et ici, on fait fi du confit d'intérêt que ça peut poser : la plupart des centres de contrôle technique sont également des garages. Donc pour peu qu'ils veuillent occuper le nouveau stagiaire pour la semaine, ils peuvent vous assommer avec tout un tas de choses à faire sur votre voiture avant qu'elle passe le contrôle (pour info, en France, les centres de contrôles technique n'ont pas le droit d'avoir ne serait-ce qu'un seul outil dans leur hangar…)
Mais là, quand nous demandons s'ils peuvent s'occuper de toutes ces réparations ils nous disent que non, du moins pas avant mardi ! Où alors ? Chez un de leur confrère non loin de là. Allons-y alors ! Ils ont l'air très bien, le chef d'atelier regarde attentivement la liste et nous dit pouvoir tout faire le lendemain pour approximativement 500 $…
Nous partons alors camper sauvagement dans un parc national de la belle Flinders Peninsula.


Lever aux aurores le lendemain afin d'être à 8h pile devant la porte du garage… et c'est là que les ennuis commencent. À peine après avoir démarré, voilà que Mémère a un mal incroyable à accélérer. Elle nous avait déjà fait un truc dans le genre mais jamais à ce point. On arrive cahin-caha jusqu'au garage et le mécano voit tout de suite qu'il y a quelque chose qui ne va pas… C'est déjà ça, il est parfois dur d'expliquer un problème technique quand celui-ci refuse d'apparaitre au moment opportun !

On laisse la vieille dame entre les mains des docteurs et allons en ville pour la journée. Pas forcément très à l'aise car chaque heure qui passe nous délaisse de 100$ de main d'œuvre… et vers 16h nous appelons le garage pour savoir où ils en sont. Revenez ! nous dit-il, ce sera mieux de vous expliquer en face qu'au téléphone… Aie, c'est jamais bon signe. Sur place le patron passe un quart d'heure à tourner autour du pot à nous expliquer que ça ou ça était plus compliqué que prévu, qu'il y a des pièces qu'il a fallu commander et qui ne seront là que lundi… Bref, nous qui pensions tailler la route juste après l'avoir récupérer, c'est mal barré, d'autant plus que la moitié de ma portière est démontée et que la vitre tient avec un bout de bois ! (tient, ça me rappel quelque chose…)
Et puis il annonce enfin la douloureuse : 985 $, soit deux fois plus que ce qu'il nous avait annoncé.
Mais le pire est donc que nous sommes contraint de faire un petit tour pendant le WE car il nous faudra revenir le lundi. Ok.
Aller, c'est pas si grave, on va faire le plein d'essence et de GPL, mais les emmerdes continue : le réservoir de GPL se met à fuir à donf, chose qui ne m'était jamais arrivé jusque ici, d'autant plus que nous avons fait révisé tout le système GPL il n'y a même pas 10 jours ! Le type de la station se veut rassurant en nous expliquant que ça arrive parfois et nous prête un bouchon de sécurité afin d'arrêter la fuite à lui rendre lundi sans fautes. Youpi !

On fais quelques courses et à peine 100m après être sorti du parking, en pleine rue principale (qui plus est, en pente), les freins me lâchent tout d'un coup ! Or, Mémère n'est pas comme la vaillante Skodette qui nous avait emmené jusqu'à Oulan Bator et qui avait aussi perdu ses freins après avoir rompu son train arrière. Mémère et bien plus grasse avec ses presque 3 tonnes et on ne l'arrête pas en sortant son pied dehors comme sur un vélo (surtout avec un genou en pleine convalescence). Je tire bien sûr sur le frein à main et braque pleine gauche pour essayer de me prendre un trottoir qui arrêterait la bête mais heureusement, nous n'étions pas lancé très vite étant en ville et la grosse dame s'arrêtera un peu en travers sur une demi-place de stationnement. Ouf !
Comme un éclair on réalise que nous sommes vendredi soir et que ça va être l'enfer de se faire dépanner maintenant. Pendant que j'inspecte où ont bien pu lâcher les freins, Madeleine harcèle le téléphone du garage… déjà fermé...
Ce doit être le stagiaire du garage qui nous a refait les freins pour qu'ils lâchent juste après avoir tout changé !


Allôôôô ??? Non, ya pu de liquide du tout monsieur…

Nous tirons alors le joker, notre désormais fameuse assurance RACV qui nous avait envoyé un road-train sur la Gibb. Cette fois ce sera un peu moins sexy et ce sera une vulgaire simple dépanneuse qui volera à notre secours une heure plus tard. Verdict : oui, c'est bien les freins et oui il faudra attendre d'être dans un garage pour réparer ça dès lundi. L'assurance nous paye 4 nuits d'hôtel en attendant. Oh yeah, un week-end à Albany en pleine morte saison touristique, ça fait longtemps que j'en rêvais !


On demande quand même à avoir un logement où nous pouvons faire la cuisine, le coffre étant plein de bouffe et heureusement, ce genre de chose est très facile à trouver en Australie. On aura donc un petit chalet dans un camping, tout équipé, et qui plus est, refait à neuf ! Oui, mais presque trop neuf car les travaux ne sont même pas encore finis ! On demande si c'est une attraction du genre "Faite vous-même votre chalet !" ou encore "Choisissez la couleur des murs et la disposition des pièces !"… Non, rien de tout ça, un autre stagiaire, celui de la réception cette fois, s'était trompé de clé.


Ah, nous voici enfin posés dans notre nouvelle petite maison, qui pue la peinture mais qui au moins n'a pas la table sur le lit. Demain sera un autre jour, ça ira mieux !
Attendez, c'est pas fini… L'assurance nous avait proposé de nous louer une voiture pour le WE, étant complètement bloqués dans notre camping et même déjà assez loin du centre (pour peu que le centre d'Albany vaille le coup) On les appelle pour avoir des nouvelles. Malheureusement ils s'en occuperont trop tard et tous les loueurs sont déjà fermés à midi… C'est bête ! Pour une fois qu'il faisait grand beau après presque une semaine de pluie !
On remet ça au lendemain, dimanche. Cette fois c'est bon, l'assurance nous a trouvé une voiture qui nous attend avant midi à l'agence Avis de l'aéroport… (ah parce qu'Albany a un aéroport en plus ?) On fonce en taxi jusque là-bas pour découvrir un comptoir vide avec simplement un numéro de téléphone qui débouche sur un répondeur. Génial !
On rappelle l'assurance qui se noie sous un tas de fausses explications en tous genre pour finalement nous dire après 20 minutes qu'en fait, la voiture nous serait livré au camping mais que ce ne serait pas avant 15h30, voir 16h ! Et il fait nuit quand ? À 18h m'sieur ! Profiter de deux heures de soleil en deux jours… j'adore cette ville décidément !
Mais c'est bien beau ça ma bonne dame, sauf que le taxi est déjà reparti depuis un moment ! Et bien rappelez-en un !
Donc après avoir fait Albany Airport by day, en 1h30, nous voici revenus à la case départ…
Le temps pour moi de vous écrire ce message. Je n'ose pas penser encore à ce qui pourra se passer demain.
En tout cas si vous nous cherchez dans quelques semaines, on sera probablement à Albany !

Remarquez l'activité débordante en cette saison. On aurait cru que l'aéroport était fermé !

PS : Dernière mise à jour Lundi à 18h24 (GMT+7) : Rien De Bon… On est bons pour rester au moins un jour de plus.