Alors que je pouvais presque re-marcher normalement depuis un mois, me voici de nouveau clopinant de mon fauteuil où l'on est trop avachi, à mon lit un peu trop court quand je me couche avec la jambe fixée dans l'attelle… Réjouissant non ? Que ça vous serve d'exemple : n'essayez-pas de vous prendre pour un Kangourou ou de tenter d'économiser 30$ pour jouir d'une belle vue !
Mais j'ai maintenant un ligament croisé flambant neuf dans mon genou percé de part en part. Et d'où vient ce ligament ? Tout droit sorti d'un bout de tendon de ma cuisse ! Un long sitting avec calumet de la paix a eu lieu entre mon genou droit et mes deux cuisses pour savoir laquelle allait devoir se sacrifier… et c'est tout logiquement la cuisse droite qui a bien voulu léguer un bout de son tendon… Sans quoi j'aurai eu des bandages sur les deux jambes et j'étais bon pour la chaise roulante ! ;)
Véro, une amie ayant subit le même type d'intervention, avait été anesthésiée localement et avait donc pu converser avec le chirurgien. Pour moi c'était une anesthésie complète (œuf, bacon, tasty) et je n'ai donc rien suivi des opérations ! Je n'ai même pas le souvenir de la salle de réveil…
Par contre je me souviens bien d'avant et d'après !
AVANT : Il aura fallu vous raser la jambe de la mi-cuisse jusqu'à mi-mollet… et avec interdiction de le faire au rasoir ! Pour éviter de me faire draguer par le pharmacien du quartier, j'envoie donc Madeleine acheter une de ces crèmes magiques qui sent bon la fraise chimique (c'est horrible) et qui vous grille tout semblant de pilosité en moins de deux ! Une fois à l'hôpital et face à ce genou tout chauve, au cas où il y aurait encore un doute sur lequel de vos deux genoux il faut intervenir (le chauve ou la forêt vierge ???), le chirurgien en chef vous trace une belle petite flèche lui rappelant ce qu'il doit faire : admirez par vous même !


Mais ce n'est pas tout… Au cas ou, plongé dans votre anesthésie générale, un macabre tueur en série en viendrait à s'attaquer à tous les patients et les découperait en morceaux, on vous étiquette les deux bras avec votre nom+adresse ! Je demande alors à l'infirmière si c'est bien la peine de s'appliquer à faire les deux… ou alors, tant qu'à faire les choses correctement, qu'on étiquette aussi les jambes… bref, une piqure et c'est parti… rendez-vous quelques coups de perceuses plus tard !

APRÈS : Bien que je ne me rappelle pas vraiment, voire pas du tout, de la salle de réveil, je me souviens néanmoins de la faim immense qui faisait se tordre mon estomac… On me prévient alors qu'il ne faut pas manger trop tôt après le réveil, sinon on risque de tout dégobiller… Allez savoir pourquoi, alors que je me sentais plutôt bien et que j'avais vraiment très faim, tout est ressorti instantanément. Je me suis donc dit que ça devait être psychologique et j'en ai beaucoup voulu à cette dame qui m'avait mis cette idée en tête !
Mais je me suis battu pour garder ce reste de sandwich contre bien des tentatives de mise à la poubelle car il ne devait plus être très "fresh"… Comprenez qu'il était hors du frigo, dans la nature sauvage et impitoyable de l'hôpital, depuis au moins deux heures, ce qui le rendait, bien sûr, totalement immangeable aux yeux des infirmières.
Est-ce que parce qu'il était justement hors de sa chambre froide depuis près de 8h ou parce qu'enfin mon esprit pouvait manger en paix avec mon estomac… mais vers 5h30 du matin, j'étais tout content d'avoir réussi à garder ce trophée ! Quelques temps après c'est l'heure du ptit-déj. On nous avait demandé la veille de cocher ce qui nous ferait plaisir sur un menu… j'avoue que je n'y croyais qu'à moitié et que l'on aurait tous la même chose dans un insipide plateau repas… Mais que nenni ! Par jeux nous avions (presque) tout coché avec Madeleine et c'est un véritable festin qui s'avance sur mes jambes ! Œuf (reconstitué) au bacon, cornflakes (des vrai Kellog's), lait (low-fat), salade de fruits (pas top), croissant (pas mal) avec confiture de fraise (plutôt bien), jus de pomme et même du porridge, que pourtant je n'avais pas coché !

Le départ de l'hôpital approche et l'on nous explique comment fixer cette belle attelle et comment vont se passer les merveilleux 15 prochains jours en compagnie de vos béquilles (on était trois genoux à se faire percer le même jour). On vous remet, en plus de la feuille d'exercice à faire soigneusement toutes les 3h, un DVD cadeau bonus ! Et que trouve-t-on sur ce DVD ? Votre opération en vidéo m'sieur dame ! Ouais… rien que ça ! L'intervention aura couté la bagatelle de 9000$ (6800€) mais vous repartez avec une vue intérieure de votre genou ! Pour ce prix-là ils auraient au moins pu faire ça en HD… Je vous épargnerais cependant ces images. Bien que ce ne soit pas du tout gore, on ne comprend finalement pas grand chose à tout ça… et lors du sitting pour savoir quelle cuisse allait donner son tendon, la cuisse droite à émis une close de confidentialité…

Me voici désormais confortablement installé à la maison, tout à portée de main ou presque... (nouilles, saucisses, vegemite, parmesan pour les curieux)